Close

Comment poser des limites à votre enfant ?

En tant que parents, nous avons tous besoin que notre enfant respecte certaines règles de vie à la maison ou à l’extérieur. Ces règles peuvent être différentes en fonction des familles, selon les valeurs et les traditions de chacun. A chacun de savoir quelles sont les actions qui sont acceptables et celles qui ne le sont pas. Il est parfois difficile de fixer ces règles tout en restant dans la bienveillance. Alors comment poser des limites à son enfant ?

 

Pixabay

Pourquoi poser des limites ?

Je citerai cette définition de Catherine Dumonteuil Kremer qui est très parlante :

« Poser les limites c’est aussi apprendre le monde et les sentiments des personnes qui nous entourent, c’est faire en sorte que nos petits bénéficient d’une information complète à propos de l’environnement ou des ressources des adultes qui les accompagnent. C’est aussi laisser les enfants exprimer leur positionnement, savoir dire non avec conviction. Et se sentir respectés dans leur refus va les amener à se protéger en tenant compte de leurs perceptions et de leur expérience. »

Cela pour dire qu’en fonction de nos valeurs, de nos besoins en tant que parents, mais aussi en fonction de notre humeur, de notre fatigue et de l’environnement dans lequel nous nous trouvons, nous avons besoin que certaines règles soient respectées. Ces règles n’ont pas besoin d’être figées de manière définitives, elles peuvent s’assouplir, se négocier et évoluer avec le temps et le besoin de chacun.

Il se peut bien-sur que notre enfant ne soit pas d’accord avec  certaines de nos règles. Il en a le droit. Le plus difficile reste sans doute de savoir accepter et écouter sa colère.

 

Pixabay

Quelques pistes pour fixer des limites dans la bienveillance :

 

  • Donner des consignes plutôt qu’interdire : donner des informations claires et dire ce qui est permis de faire sont plus efficaces. Quand nous parlons à notre enfant, nous suscitons des images dans sa tête. L’interdit focalise son comportement sur le problème et le mauvais comportement. La permission focalise son attention sur le comportement souhaité. Par exemple, au lieu de dire : « il est interdit de courir dans l’escalier », privilégiez « on marche doucement dans l’escalier ».
  • Une fois la consigne énoncée, utilisez plus qu’un seul mot pour la rappeler. Cela évite de donner un ordre et donc de braquer l’enfant. Les grands sermons ne sont souvent pas compris. Par exemple une fois que l’on a énoncé la règle « on met sa casquette au soleil », simplement rappeler le mot « casquette! »
  • Donner des informations plutôt que des ordres : en mobilisant son cerveau frontal, l’enfant observe et analyse la situation, il prend des décisions, se sent plus autonome et trouve ses propres solutions.
  • Montrer à l’enfant qu’on remarque ses bonnes actions en les décrivant. Cela l’aide à les mémoriser et donc à les reproduire.
  • Aider l’enfant à faire face aux conséquences de ses actes : lui indiquer comment réparer son erreur pour lui permettre d’en mesurer l’impact. Il est beaucoup plus intéressant de se focaliser sur les solutions pour réparer que sur le problème en lui même. Cela le responsabilise.
  • Éviter les punitions qui ont un impact négatif sur l’enfant : vous trouverez par ici un article sur le sujet.
  • Éviter de crier, ce qui peut provoquer de la peur. Et surtout difficile de demander à son enfant de rester calme et de parler moins fort si nous-même crions.
  • Éviter les coups et les fessées (ce sera le sujet d’un prochain article ;-))

 

Faire preuve d’empathie :

S’il y a une seule chose à retenir dans tout ça c’est bien celle-ci. Votre enfant va se sentir frustré parfois (même souvent). Il ne va pas toujours être d’accord avec nos règles. En tant que parent on peut être tenté de céder car nous ne souhaitons pas affronter la colère, la tempête émotionnelle. Céder n’est alors pas une bonne solution ni pour l’enfant, qui va croire qu’il lui suffit de faire une colère pour avoir ce qu’il souhaite, ni pour le parent qui va se sentir désarmé et impuissant face à son enfant.

Refuser en accueillant la colère est une bonne solution. L’enfant a le droit d’éprouver de la colère. C’est l’émotion naturelle de la frustration et il a le droit de l’exprimer. L’intérêt n’est donc pas de la faire stopper immédiatement par n’importe quel moyen, même si parfois elle nous parait gênante surtout en public. En faisant cela, l’enfant va apprendre à refouler ses émotions croyant qu’elles sont mauvaises et cela va se poursuivre à l’âge adulte en favorisant les troubles du comportement.

Faire preuve d’empathie signifie qu’on lui montre qu’on comprend sa colère. C’est important de le lui dire pour qu’il se sente entendu : « je comprends, tu voulais ce bonbon, c’est vrai que c’est bon! » Souvent rien qu’avec cette phrase la colère s’atténue.

 

Pixabay

Comme le dit Isabelle Filliozat : « Pour que l’enfant soit libre de ressentir et d’exprimer sa colère et ainsi d’apprendre à accepter la frustration, il est nécessaire que son parent ne se vive pas comme détruit par cette colère. »

 

Source : « J’ai tout essayé » d’Isabelle Filliozat.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *