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Et si les caprices de votre enfant n’étaient pas volontaires ?

Très souvent pour les parents, les enfants font des caprices. Autrement dit une crise volontaire, une sorte de comédie et d’exigence pour les défier. Cela voudrait dire que c’est un acte conscient et réfléchi. Alors les caprices sont-ils volontaires vous allez me dire ?

Et bien la réponse est non. Un enfant n’a pas les capacités intellectuelles de chercher ou piéger volontairement ses parents. Son cerveau n’est pas encore assez mature pour ça, les neurosciences l’ont démontré. Pour plus d’informations à ce sujet je vous conseille le très bon livre de Catherine Guegen : Pour une enfance heureuse.

 

Photo pixabay

Qu’est ce qu’un caprice alors ?

Personnellement je préfère parler de colères ou encore mieux de tempêtes émotionnelles. La métaphore représente plutôt bien ce qui se passe à l’intérieur du cerveau de l’enfant. Lorsqu’il vit une situation trop complexe pour lui, cette décharge émotionnelle est la seule réponse que trouve son cerveau pour se libérer de cette pression. Elle est souvent accompagnée de cris, hurlements, de roulade par terre. L’enfant décharge les tensions accumulées. Cette colère est le seul moyen pour l’enfant de pouvoir se calmer et retrouver la sérénité. Ce n’est donc pas la peine d’essayer de le calmer puisqu’il le fait seul. D’ailleurs après une crise il est souvent calme et détendu. Pour cette raison, le parent pense parfois à tort qu’il s’agissait d’une comédie.

De plus, ces colères sont un comportement que l’on retrouve chez tous les enfants du même âge. Cela prouve également qu’il ne s’agit pas d’une manipulation personnelle que tenterait l’enfant.

Son cerveau est en construction. Il crée un million de connexions par seconde ! Il a de quoi saturer parfois !

 

Comment savoir s’il s’agit d’un vrai caprice ?

Il existe un test simple qui permet de savoir si le caprice est volontaire ou non : prenez une boîte à formes et proposer 2 trous à l’enfant avec ses deux blocs. Si l’enfant doit d’abord tester avant de placer le bloc dans le bon trou, il est alors incapable de faire un réel caprice. Il doit le placer du premier coup et la réponse doit être constante à plusieurs reprises. Cela est souvent le cas vers 4 ans. Ce qui signifie qu’avant cet âge-là, les crises ne sont pas volontaires et incontrôlées.

 

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Quelles peuvent être les causes d’une tempête émotionnelle ? 

  • Son réservoir affectif peut être vide, c’est-à-dire que la présence de ses parents à ses côtés lui manque.
  • Un besoin physiologique non satisfait : faim, soif, fatigue, excès de stimulation, manque de mouvement, besoin pressant. Tous ces éléments augmentent la sécrétion d’hormones de stress.
  • Un surplus d’informations : comme par exemple dans les magasins où il y a beaucoup de monde, de bruit, de choses à voir, ce qui sature le cerveau de l’enfant. Dans ce cas-là il cherche à trouver un point de repère en voulant reprendre le contrôle. C’est dans ces moments-là qu’il nous demande de lui acheter un objet et que commence la bataille entre parent et enfant !

Sans le vouloir, le parent est souvent responsable d’une situation de crise. Quand on tente de contrôler son enfant ou de le soumettre aux ordres et à la contrainte, cela se termine rarement dans le calme.

 

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Quelques solutions : 

  • Remplir régulièrement son réservoir affectif : essayer de consacrer au moins 10 minutes par jour de pleine disponibilité à son enfant (sans interruption, ni téléphone, ni tablette…) pour le nourrir d’affection.
  • Vérifier que ses besoins physiologiques soient assouvis : faim, soif, sommeil.
  • Garder soi-même son calme en cas de crise (je sais c’est loin d’être facile !) N’oublions pas que nous sommes le modèle de notre enfant, si nous lui crions de se calmer, il va crier de plus belle.
  • Respecter son besoin de mouvement, de bouger, sortez à l’extérieur vous balader, jouer pour qu’il se défoule.
  • Avoir des exigences mesurées en fonction de son âge : éviter de mettre à sa vue le bocal à bonbons ou autres tentations, éviter les longues files d’attente ou endroits où il faut patienter des heures. Entre 2 et 6 ans le cerveau de l’enfant n’est pas en mesure d’accepter de rester immobile à attendre.
  • Lui donner une tâche à accomplir pour l’aider à focaliser son attention.
  • Quand la tempête est là, ne pas hésiter à prendre son enfant dans ses bras pour le contenir même si au départ il va se débattre. Se montrer empathique sans pour autant céder à la demande. Le fait de le prendre dans les bras va faire sécréter de l’ocytocine qui est l’hormone de l’amour et du bien-être, ce qui va beaucoup l’aider à retrouver son calme.
  • Donner deux choix à l’enfant pour lui donner le sentiment d’être plus acteur de ses décisions.

 

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En conclusion, il est vrai que ces tempêtes émotionnelles sont très stressantes et épouvantes à vivre pour les parents. C’est rassurant et aidant de savoir qu’il ne le fait pas exprès pour nous embêter. Cela aide à être plus compréhensif. Plus les crises seront gérées dans le calme et l’empathie, plus facilement elles vont pouvoir s’espacer.

Source : Isabelle Filliozat « J’ai tout essayé »

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