Close

Comment gérer la période d’opposition à partir de 18 mois ?

Vous l’avez sans doute remarqué, à partir de 18 mois la moindre petite frustration ou demande peut se transformer en tempêtes émotionnelles. Cela apparaît subitement et on peut se trouver un peu perdu devant ce changement soudain de caractère de notre enfant. Alors comment gérer la période d’opposition à partir de 18 mois ?

 

Que se passe-t-il dans son cerveau ?

L’enfant prend conscience d’être une personne à part entière. Il s’oppose car il nous montre qu’il veut décider et s’affirmer.

Il entreprend et veut accomplir de nombreuses choses seul. Malheureusement il subit de nombreux échecs, sa motricité et sa réflexion n’étant pas encore complètement développées. Ces échecs entraînent une frustration immense. Il n’arrive pas encore à s’exprimer avec les mots, il utilise donc les seuls moyens qu’il a à sa disposition : les pleurs, les cris, les hurlements, les morsures…

 

 

La période du « NON » : 

Pour l’enfant, dire « non » lui permet d’essayer de se différencier de son parent.

Quand il obéit à un ordre son cerveau reste inactif et il ne se sent pas exister en tant que personne à part entière.

Cette période du non peut perdurer si l’adulte refuse cette différenciation et continue à donner des ordres.

La meilleure solution reste de lui offrir des choix.  Le choix mobilise son cerveau frontal, celui qui lui permet de penser, décider, anticiper, prévoir et devenir responsable. Il lui permet de réfléchir et de le laisser libre de prendre une décision. A cet âge mieux vaut lui offrir un choix simple, limité entre deux options.

Les routines sont aussi très aidantes, par exemple le matin avant de partir chez nounou ou le soir avant de se coucher. Elles permettent à l’enfant de prévoir ce qui va se passer.

Ne pas hésiter à lui poser des questions pour le faire réfléchir et à lui donner des informations utiles sur la raison de notre demande ou sur comment il pourrait atteindre son but par lui-même.

 

Faire face aux hurlements et frustrations : 

A la moindre difficulté ou refus il se met à hurler… Son cerveau est immature et incapable de relativiser, c’est donc un drame pour lui. Ses cris sont sa manière de protester. Les circuits entre les zones du plaisir, de l’agression et les zones qui maîtrisent les impulsions ne sont pas encore opérationnels. La perte active pour l’enfant les centres de la douleur.

 

 

L’enfant a besoin d’apprendre à traverser ses émotions sans en avoir peur.

La meilleure solution est de lui manifester de l’empathie.  Pour lui la douleur ressentie est bien réel, il est sous tension. Pleurer lui permet de la décharger. Il a donc le droit de pleurer et on peut tout simplement lui dire que l’on comprend sa douleur. Ne pas hésiter à le prendre dans nos bras pour recharger son corps en ocytocine (hormone du bien-être, de l’amour) et en opioïdes apaisants.  Quand les pleurs s’atténuent, il est intéressant de rediriger son attention vers autre chose.

 

Comme réagir face à ses bêtises ?

Régulièrement votre enfant sort tous les livres de la bibliothèque, il vide les placards… En réalité il exerce sa coordination motrice et comme nous l’avons vu n’a pas la possibilité d’inhiber ses pulsions. Il ne comprend son erreur qu’au moment où nous intervenons. De plus il n’a pas la mémoire des actes, ce qui veut dire qu’il pourra tout à fait recommencer la même erreur le lendemain même si vous lui avez déjà expliquer qu’il ne fallait pas la refaire.

Dans la mesure du possible, le mieux est de rester calme face à la situation. Décrire simplement la situation (« je vois que les livres sont tous par terre ») et le faire participer à la réparation de son erreur.

 

Et quand l’enfant tape ou mord ?

A ce moment là il ne souhaite pas volontairement faire mal et ne réalise pas que son acte peut créer de la souffrance pour l’autre personne. Il peut également tester son pouvoir de déclencher des cris. Parfois il peut chercher à se faire entendre comme il n’a pas encore les mots pour s’exprimer.

Les gestes sont plus efficaces que les mots. Aider le par exemple à lâcher les cheveux de sa sœur en lui prenant la main, ou arrêter sa main avec la votre quand il tape.

Il est possible aussi de lui décrire la situation en lui montrant ce qui se produit sur la personne tapée, et lui enseigner à faire preuve d’empathie envers autrui.

 

 

En conclusion, c’est en se montrant le plus à l’écoute et en laissant à l’enfant le droit d’exprimer ses frustrations qu’il apprendra à y faire face plus sereinement.

Pour ceux qui souhaitent quelques solutions concernant certaines difficultés avec les enfants entre 12 et 18 mois c’est par ici.

 

Toutes ces informations et solutions sont issues du livre « j’ai tout essayé » de Isabelle Filliozat.

Photos : pixabay

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *